Situé à 27 km de l’embouchure du fleuve Sénégal, au sud de la Mauritanie, le barrage anti-sel de Diama permet la constitution d’un lac de retenue utilisable pour l’irrigation en double culture et l’alimentation du lac de Guiers. En contrepartie, empêchant l’eau saumâtre de se déverser dans le fleuve, il crée un terrain propice à la prolifération du Typha, plante invasive se développant en eau douce. En 30 ans, le Typha a envahit la région sur près de 30 000 hectares.
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En 2010, un ingénieur mauritanien chercheur à l’Institut supérieur d’Enseignement Technologique de Rosso (Iset Rosso), Babana Ould Mohamed Lemine, a imaginé valoriser cette algue en la transformant en bio-charbon. Avec l’aide de l’ONG française Le Gret, il a mis en place un procédé consistant à récolter et sécher le Typha, à le carboniser pour qu’il devienne de la poussière de charbon qui sera mélangée avec de l’argile puis pressée et agglomérée sous forme de briquettes de combustible domestique.
En Mauritanie, 90% des ménages utilisent encore le charbon pour faire la cuisine. Alternative au charbon de bois principalement importé, la solution permet de lutter contre la déforestation. De plus, contrairement au charbon de bois classique qui émet du gaz non réassimilé, le CO² émis par ce charbon de typha est recapté dans l’eau par la plante, qui va donc repousser et être de nouveau coupée puis transformée en charbon...
La pelle amphibie E22 a été mobilisé pour dégager les voies navigables et collecter le Typha.