L’objectif de cette expérimentation d’une durée d’un an est de mesurer les effets de l’application de cette peinture sur la température de la voirie. Avec la hausse des températures, les îlots de chaleur urbains sont en effet de plus en plus mal ressentis par les habitants de l’agglomération.
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Dans le cadre de son mémoire de fin d’études d’ingénieur travaux au Cnam portant sur les revêtements de voirie innovants, elle a proposé de tester les qualités d’une peinture « anti-chaleur » sur un revêtement de voirie existant, en termes d’isolation thermique, de glissance et de tenue aux sollicitations urbaines.
Le produit qui va être expérimenté est baptisé « Climat’road » par l’entreprise Agilis qui le commercialise. Il est présenté comme capable de réduire les températures de surface d’au moins 10°C en période de forte chaleur et de participer ainsi à la réduction des îlots de chaleur urbains (ICU).
Cette peinture recouvrante permet de baisser les températures des sols, notamment le soir, au moment où les voiries et les bâtiments restituent toute la chaleur accumulée pendant la journée. Elle est notamment en test à Paris (13e) sur une surface de 20m2.
Comment ça fonctionne ?
Climat’ROAD est une peinture à l’eau sans solvant dont la particularité est d’intégrer des billes de céramique. Ces billes de céramique sont constituées de vide, créant ainsi une isolation de la surface traitée. C’est ce vide qui empêche le stockage des calories et permet donc de diminuer la chaleur.
Climat’ROAD est appliqué par pulvérisation au pistolet en couches fines de 0,5 mm. L’application de produit pour « accrocher » au sol n’est pas nécessaire et la peinture peut donc être appliquée directement sur le trottoir ou l’espace choisi.
Sa mise en œuvre est possible sur les zones dans lesquelles la fréquentation est élevée, les trottoirs ou les parkings et ce, quel que soit le type de revêtement (béton, asphalte, enrobé...). Le coût de l’application de cette peinture est de moins de 20€/m2.
Pour aller plus loin
Parallèlement à cette expérimentation grandeur nature, une planche test sera installée en extérieur au sein du laboratoire voirie de la Métropole. D’une surface de 0,25 m2, elle permettra l’installation de capteurs fixes en surface, dans l’épaisseur de la peinture et sous la peinture, c’est-à-dire entre l’asphalte et la peinture.
Ces capteurs seront reliés à un central qui permettra de suivre l’évolution du produit 24h/24h. Au-delà des données recueillies sur la planche test, un suivi régulier de l’expérimentation sera mis en œuvre pour vérifier l’impact de ce revêtement sur la température de surface du trottoir et sur son rayonnement.
Ce suivi durera un an – le temps de l’expérimentation – et permettra de mesurer les résultats sur les quatre saisons en particulier : l’évolution de la glissance de la surface; les températures de surface lors des journées chaudes et caniculaires, et des journées froides; lors des épisodes de gel; l’évolution de l’indice albédo (indice de réfléchissement des rayons du soleil) au cours du temps; le constat visuel de la résistance aux usages de l’espace urbain (nettoyage, chewing-gum; cigarettes, liquides sucrés, alcools...) et au nettoyage par balayeuses mécaniques; le ressenti des riverains à l’aide de sondages façon « micro-trottoir »