L’entreprise minière canadienne The Metals Company (TMC) a annoncé qu’elle allait demander un permis d’exploitation minière en eaux profondes dans le cadre du droit des États-Unis sur l’exploitation minière datant des années 1980. Cette annonce est intervenue quelques instants avant l’appel aux investisseurs prévu par l’entreprise et la veille du jour où sa demande d’exploitation minière commerciale devait être discutée à l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM). « The Metals Company savait qu’elle aurait des difficultés à obtenir le feu vert et tente ainsi de limiter les impacts sur son business », dénonce Greenpeace dans un communiqué.
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Pour Shiva Gounden, responsable de la région Pacifique à Greenpeace Australie- Pacifique, cette annonce est un « coup bas » pour le Pacifique et une menace pour le multilatéralisme : « Il est clair que TMC ne s’est jamais souciée de la prospérité économique ou de l’emploi des populations de Nauru, de Kiribati ou de Tonga, pas plus qu’elle ne s’est préoccupée de la lutte contre la crise climatique. Une seule chose l’a jamais intéressée : se remplir les poches avec de l’argent gagné aux dépens de l’océan. Le Pacifique est un élément vital pour nos populations, pas une marchandise. Ce que cherche l’industrie minière en eaux profondes, c’est à faire du profit sur le dos des ressources et des communautés du Pacifique. Nous ne la laisserons pas faire. »
« Nous appelons la communauté internationale à s’élever et à défendre le multilatéralisme contre des entreprises comme TMC. Les fonds marins dans les eaux internationales relèvent du patrimoine commun de l’humanité, et aucun État ne devrait prendre des mesures unilatérales pour les exploiter. Pour empêcher l’exploitation minière des océans, il faut que les gouvernements adoptent rapidement un moratoire, conclut Louisa Casson. Cette initiative de TMC s’inscrit dans la course effrénée aux ressources, dont les conséquences désastreuses se font déjà sentir dans le monde entier. Le Pacifique n’est pas une marchandise que l’on peut acheter, vendre ou voler ».