Ouverte en mai 2022 et baptisée en honneur à la Reine Elizabeth II, la ligne Elizabeth, qui accueille chaque jour plus de 700 000 usagers, traverse la capitale britannique d’est en ouest sur 42 km de nouveaux tunnels, jalonnés par 10 nouvelles stations et 31 stations existantes rénovées pour l’occasion. Le design global, pensé pour l’ensemble des infrastructures de la ligne, comprend ainsi les quais, les couloirs usagers, les circulations verticales et les halls des stations, y compris la signalétique, le mobilier sur mesure, les aménagements, la décoration et les équipements technologiques qui composent ensemble une famille d’éléments architecturaux. Inspirés par la prouesse technique requise pour la création de la nouvelle ligne, d’une complexité et d’une échelle sans précédents, les concepteurs ont pensé les couloirs et les quais de chaque station de manière à doter le projet d’une identité forte. Avec une hauteur et une largeur près de deux fois supérieures à celles des stations actuelles du métro londonien, les différents espaces de la nouvelle ligne sont revêtus de panneaux composite ciment-verre (CCV) qui viennent sertir la structure de l’intérieur, à même la couche de béton projeté qui habille l’ossature du tunnel. Cette solution permet ainsi de dégager un vaste espace tout en fluidité, avec des jonctions courbes qui ouvrent les perspectives, réduisent le sentiment d’enfermement et améliorent les flux et la sécurité des usagers.
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Le nouveau réseau souterrain a dû se frayer un chemin à travers plusieurs siècles d’histoire encore intacte, qui gisaient sous la ville de Londres, en évitant soigneusement les fondations des constructions, récentes ou anciennes, et le système de gestion des eaux usées. L’excavation des tunnels a d’ailleurs donné lieu à la plus grande campagne de fouilles archéologiques jamais entreprise au Royaume-Uni, qui a permis de mettre au jour un grand nombre d’objets historiques, notamment une boule de bowling d’époque Tudor ou encore les restes d’un mammouth vieux de 55 millions d’années. Au total, la création des tunnels a nécessité l’excavation de pas moins de six millions de tonnes de terre, réutilisées pour l’aménagement d’une réserve naturelle dans l’Essex. En augmentant la capacité du réseau, en réduisant la congestion, en contribuant à la régénération de la ville dans son ensemble et en générant de nouveaux emplois, la ligne Elizabeth participe durablement à la croissance de Londres. Pour ce projet, l’équipe de conception qui réunissait Grimshaw, Maynard, Atkins Réalis et Equation a dû travailler au sein de l’équipe architecturale élargie du projet Crossrail, en lien avec les architectes de chacune des 10 nouvelles stations de la ligne, dont John McAslan + Partners, Weston Williamson + Partners, HawkinsBrown, AHR (anciennement Aedas), WilkinsonEyre, BDP, Adamson Associates, Allies and Morrison et Fereday Pollard.